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Maison des Esclaves de Gorée, Sénégal
Monuments et lieux commémoratifs

Maison des Esclaves de Gorée, Sénégal

Adresse
Rue Saint-Germain, Île de Gorée Île de Gorée
Téléphone
+221 33 823 91 77
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Maison des Esclaves

Île de Gorée, Sénégal

La Maison des Esclaves est un édifice historique situé sur l'île de Gorée, tout près de Dakar au Sénégal. Elle est située dans la rue Saint-Germain, sur le côté est de l’île.

Des études historiques montrent que la Maison des Esclaves n'a joué q'un rôle mineur dans la traite des Noirs, construite vers 1780 par Nicolas Pépin, frère de la signare Anne Pépin et maîtresse du Chevalier de Boufflers, elle demeure un lieu qui revêt une portée symbolique en tant qu'emblème de la traite négrière.              
 
La Maison des Esclaves à Gorée, lithographie d'Adolphe d'Hastrel, 1839

Le récit du « conservateur » Boubacar Joseph Ndiaye
Au fil des décennies, les récits du « conservateur » de la Maison des Esclaves, Boubacar Joseph Ndiaye, ont contribué à faire connaître ce lieu dans le monde entier. Cette maison aurait été la dernière esclaverie en date à Gorée. La première remonterait à 1536, construite par les Portugais, premiers Européens à fouler le sol de l'île en 1444.

Boubacar Joseph Ndiaye

Au rez-de-chaussée se trouvent les cellules des esclaves qui sont catégorisées : hommes, enfants, chambre de pesage, jeunes filles, inapte temporaire. Dans celles réservées aux hommes, faisant chacune 2,60 m sur 2,60 m, on mettait jusqu’à 15 à 20 personnes, assis le dos contre le mur, des chaînes les maintenant au cou et aux bras. L'effectif dans cette petite maison variait entre 150 à 200 esclaves. L'attente de départ durait parfois près de trois mois.

Un peu à l'écart, à droite du porche d'entrée, se trouve le bureau du maître des lieux, tapissé de documents et de citations humanistes, que l’on doit à Boubacar Joseph Ndiaye. On trouve également la célèbre exclamation de l'illustre érudit, écrivain et ethnologue malien  Ahmadou Hampâté Bâ, dans son ardent plaidoyer pour préserver et recourir aux sources de la tradition orale : «En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle!».
 
La porte du « voyage sans retour » serait l’endroit où les esclaves embarquaient vers les colonies.

La porte du "voyage sans retour", dans la Maison des Esclaves, à Gorée, Sénégal
 
Un large escalier à double flèche conduit à l'étage, qui sert surtout aujourd'hui de salle d'exposition.
 
Jusqu'à sa mort en février 2009, l'infatigable octogénaire reprenait son récit, plusieurs fois par jour, bien déterminé à éveiller la conscience de son auditoire, et son message de compassion.
 
Sous l'égide de l'UNESCO, un timbre français consacré à la Maison des Esclaves est émis en 1980 dans la série « Patrimoine mondial ».