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MUSÉE RÉGIONAL DES ARTS & TRADITIONS DE MÂ LOANGO, Diosso, Pointe-Noire au Congo
Musées, institutions culturelles

MUSÉE RÉGIONAL DES ARTS & TRADITIONS DE MÂ LOANGO, Diosso, Pointe-Noire au Congo

Adresse
Kouilou, Diosso, CG Diosso-Loango
Téléphone
+242 05 533 68 16
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MUSÉE RÉGIONAL DES ARTS & TRADITIONS DE MÂ LOANGO
à Diosso (25 km de Pointe-Noire, République du CONGO)

Le Musée Mâ Loango est situé à 25 kilomètres de la capitale économique de Pointe-Noire au sud de la République du Congo. Cet ensemble de sites historiques constitue, avec ses collections, la base la plus importante pour l’étude historique et scientifique du passé du Congo. Érigé à 1 km de la voix principale de Loango, au centre d’un terrain verdoyant planté de palmiers et de cocotiers, cet ancien palais royal était le siège de Mâ Loango Moe Poaty III, roi du royaume de Loango qui régna de 1931 jusqu’au 3 mai 1975; il est depuis 1982 voué à un destin culturel et pédagogique. Sa fonction principale est de collecter et présenter des objets et des témoignages dont la valeur historique, archéologique, ethnographique ou artistique veut servir de support éducatif à la culture congolaise, et ce dans le but de préserver un long héritage culturel.



Certaines archives coloniales font remonter l'histoire du royaume Loango aux XIVe et XVe siècles, époque où les premiers Portugais abordèrent les rives de l'Atlantique. Au XVIIe siècle, le royaume connu son apogée. Construit en bois sculpté, le premier palais royal fut habité par le roi Ngangue M'vumbe Niambi. Cette résidence servit aux rois qui se succédèrent au fil du temps.



Le Musée régional des arts et des traditions Mâ Loango est installé dans l'ancien palais royal du souverain Mâ Loango Moe Poaty III, roi de Loango qui régna de 1931 à 1975. Son architecture rappelle celle d'un entrepôt de Loango où, du temps de l'esclavage, les captifs étaient entassés avant d'être vendus aux marchands européens. La tragédie de la traite négrière y est omniprésente. Cette ancienne résidence royale fut transformée en musée et inaugurée le 10 avril 1982 par Jean-Baptiste Tati Loutard, alors ministre de l’Enseignement, de la Culture et des Arts. Depuis, le Musée Mâ Loango est devenu un espace culturel et historique permanent, au service de la société et de son développement, ouvert au public étudiant et chercheur, et à toute personne voulant s’imprégner de l’histoire du Congo.
Devant ce musée, nous nous trouvons au cœur de la civilisation Loango. Si le développement des infrastructures ferroviaires et portuaires a permis à Pointe-Noire de surclasser Loango, la cité conserve la prééminence en matière culturelle et religieuse. Des accords commerciaux relatifs au commerce d'esclaves se traitaient à Diosso chez le Mâ Loango. Le port de Loango fut le carrefour de milliers d'esclaves déportés depuis toute l'aire du golfe de Guinée. Il a vu embarquer plus de 2 millions d’esclaves venus de territoires qui constituent aujourd’hui le Tchad, l’Angola, le sud du Gabon et la République Démocratique du Congo et l’actuel territoire de la République du Congo. Une douloureuse histoire que le musée Ma Loango veille à ne pas esquiver.

Les témoignages de la vie quotidienne du royaume témoignent de cette rencontre brutale entre civilisations. Comptant près de 316 objets et documents, le Musée Mâ Loango mesure vingt mètres de long sur onze mètres de large et compte une dizaine de collections d'objets, de photographies, de manuscrits et d'archives...

L'EMBARCADÈRE DES ESCLAVES

Enfin, la mémoire de l'esclavage à Loango aboutit aux rares vestiges de l’ancien embarcadère des esclaves, sur la façade maritime à l’écart des habitations de la cité de Loango. Cet ancien port d’embarquement des esclaves de Loango, surplombé par l’ancienne lagune Tchibete, est situé dans la sous-préfecture de Hinda dans le département du Kouilou. Ce site qui a coûté des millions de déportés, possède toujours tous les témoins de ce douloureux passé: le grand marché, les trois manguiers, l’arbre pour le rituel de l’oubli et celui pour le retour ainsi que ce qu'il reste de l'embarcadère en témoignent. Enfin, on aperçoit une stèle en mauvais état perdue dans les hautes herbes.
                             La stèle à la mémoire des esclaves, embarcadère de Laongo © DR

LE CONSERVATEUR Joseph KIMFOKO MADOUNGOU
Joseph Kimfoko Madoungou, natif de Boko-Songho (Bouenza), n’était nullement prédestiné à devenir conservateur de musée, il se destinait à des études scientifiques. En 1983, alors qu’il n’a que 25 ans, il se voit confier la direction du musée de Diosso dans le cadre de la création des musées régionaux (JKM préfère le terme de conservateur). Il se lance alors dans la prospection et la collecte d’objets dont il apprend la signification et la portée traditionnelle, en faisant le tour des villages dans la forêt du Mayombe, et constitue à lui tout seul une collection qui témoigne de la vie et des traditions des ethnies du Kouilou ; monnaies, instruments de musique, objets de culte et du quotidien, outils agricoles, armes de chasse ou de traite… Joseph Kimfoko Madoungou, bien au-delà d’un simple conservateur est donc bien celui auquel on doit les collections exposées au musée et sans nul doute le fait qu’il existe encore tant les autorités, notamment celles de la culture, n’y portent qu’un intérêt dérisoire.

                         Joseph KIMFOKO MADOUNGOU, conservateur du Musée Mâ-Laongo © DR


UN NOUVEAU MUSÉE

En remplacement de ce premier site ancien, le nouveau musée est en cours de construction à Diosso depuis 2012. Le projet financé par la société Total E&P Congo est exécuté avec l’appui de l’Unesco en tant que partenaire scientifique. Le futur musée Mâ Loango sera un lieu de découverte et d’apprentissage de la culture loango, un cadre idéal pour préserver le patrimoine matériel et immatériel local, et transmettre les traditions de générations en générations.

L’Organisation des Nations Unies pour la Sciences, la Culture et l’Enseignement (UNESCO) a été mise à contribution pour la réussite de ce projet. Son représentant-résidant au Congo M. Abdourahamane Diallo s’est impliqué dans la construction de ce musée, notamment dans son volet scientifique: collecte de nouveaux matériaux, inventaire et restauration de l’existant aux normes internationales, classement, nouveaux médias et formation des personnels devant animer ce musée.
L’intérêt pour l’Unesco dans ce projet est manifeste, d’autant plus que le musée Mâ Loango fait partie d’un projet à double dimension international. Il s’agit d’abord du fait que le site de l’ancien port d’embarquement des esclaves à Loango est sur la liste d’admission au patrimoine mondiale de l’Unesco et donc de l’humanité. Ensuite, il fait partie du grand projet de l’Unesco dit Route de l’esclave.

Visiter le Musée:
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