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Monument en hommage aux esclaves révoltés de 1811 / Saint-Leu, La Réunion
Monuments et lieux commémoratifs

Monument en hommage aux esclaves révoltés de 1811 / Saint-Leu, La Réunion

Adresse
Place de la Mairie de Saint-Leu, 58 Rue du General Lambert, 97898 Saint-Leu
Téléphone
02 62 34 80 03
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Monument en hommage
aux esclaves révoltés de 1811

Saint-Leu, La Réunion

 

La sculpture en hommage aux esclaves révoltés de 1811 a été réalisée par Richard Vildeman et inaugurée le 8 novembre 2011, pour le 200ème anniversaire de cette révolte menée par des esclaves du 5 au 8 novembre 1811. Cette révolte constitue la seule grande révolte d'esclaves de La Réunion. Elle fut durement réprimée par les colons vivants sur l’Île.

Il s’agit d’un mur arrondi, dans lequel on trouve des cavités avec des têtes, celles d’esclaves condamnés à mort suite à la révolte de 1811. On peut lire sur une des plaques les noms des esclaves qui ont participé à la révolte, et sur l’autre plaque l’inscription suivante : « À la mémoire des esclaves qui ont pris part à la révolte du 08 novembre 2011 à Saint-Leu. Vingt-cinq d’entre eux furent condamnés à mort par la justice coloniale française en mars 1812. Deux cents ans après, les Réunionnais se souviennent et rendent hommage à tous les combattants de la liberté. »

La révolte de Saint-Leu

Le 8 juillet 1809, l’île Bourbon tombe sous l’autorité britannique. Saint-Leu est la capitale de l’île, grande productrice du café Bourbon. En 1806 et en 1807, de très forts cyclones frappent l'île et détruisent deux années de récolte, causant des dommages irréversibles aux terres agricoles. L'industrie du café s'effondre, et d'autres pays ou colonies réussissent à dépasser l'île sur cette production, la plongeant encore plus dans la crise économique. C’est ce moment que les propriétaires choisissent pour développer la canne à sucre, plus robuste et facile à exploiter.

En 1793, il y avait 35 000 esclaves pour 10 000 libres. En 1825, c'est-à-dire 14 ans après la révolte, il y en avait respectivement 71 000 pour 25 000 libres. On peut donc estimer qu'il y avait environ 50 000 esclaves sur l'île en 1811, dont 5 000 dans les environs de Saint-Leu.

La nuit du 5 novembre 1811, la révolte est lancée. Plusieurs dizaines d’esclaves se réunissent et se mettent en marche. Ils affrontent les Blancs qu’ils croisent sur leur chemin. Le premier chef de la révolte est un esclave appelé Jean, mais il est mis au fer dès le début de la révolte. Ce sont trois frères qui reprennent la tête de l’insurrection, esclaves du propriétaire Célestin Hibon : Elie, le meneur, Gilles et Prudent.

La nuit du 7 novembre, environ cent hommes arpentent ensemble les chemins de Saint-Leu. Ils prirent tout ce qui pouvait s'utiliser comme arme et taillèrent même des sagaies dans du bois. Ils s’attaquent à chaque maison de colon. Certains sont armés et organisent une embuscade avec l’aide de leurs fidèles esclaves. Ceux-ci se placent sur la route en pleine vue de tout le monde, tandis que leurs maîtres attendent les esclaves révoltés dans la forêt à côté. Ces derniers se rapprochent des esclaves à leur arrivée, croyant les rallier à leur groupe. Mais les maîtres lancent l’attaque. Vingt d'entre eux sont tués, beaucoup sont grièvement blessés, et trente autres sont condamnés à mort.

 

Le docu-fiction Elie ou les forges de la liberté réalisé par William Cally raconte la révolte de Saint-Leu de 1811.



Une autre stèle commémore la révolte de Saint-Leu dans le square de l’appel du 18 juin à Saint-Paul, La Réunion. Elle a été réalisée par Nelson Boyer, et inaugurée le 15 avril 2012. Cette sculpture représente la figure d’Elie et de ses frères exécutés suite à la révolte de Saint-Leu sur l'île Bourbon.

Stèle en hommage aux esclaves révoltes de 1811, Saint-Paul, La Réunion