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Caves d'esclaves à Shimoni, Kenya
Sites et espaces naturels

Caves d'esclaves à Shimoni, Kenya

Adresse
Shimoni Slave Caves, Shimoni Shimoni
Téléphone
01 53 25 12 07
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Caves d'esclaves à Shimoni, Kenya

Shimoni est un petit village situé le long de la côte sud du Kenya, à environ 75 km au sud de l’île de Mombasa. Le village est constitué d’une série de grottes naturelles qui couvrent plus de 5 km de la mer à l’arrière-pays.
Ces caves ont été utilisées au XVIIIe et au début du XIXe siècle comme lieu de stockage et de confinement des esclaves capturés, en attente d’expédition vers le marché aux enchères d’esclaves à Zanzibar ou de la vente aux plantations intérieures le long de la côte du Kenya. On trouve dans ces caves de vieilles chaînes rouillées, ainsi que des caisses de bois qui servaient probablement à transporter les esclaves.

En swahili, le mot “Shimoni” veut dire “l’endroit où il y a un trou”.

 
Cave d'esclaves à Shimoni, Kenya

L’esclavage au Kenya
Au début du XIXe siècle, le sultan d'Oman conclut un traité d'amitié avec les Britanniques, dont l'influence s'affirme dans l'est de l'Afrique. Il conquiert alors toutes les villes swahilies situées au nord du cap Delgado. En 1830, la capitale du sultanat est transférée de la péninsule Arabique dans l'île de Zanzibar, au large de l'actuelle Tanzanie.

Les plantations de girofle de l'île de Zanzibar et les palmeraies à huile de Mombasa nécessitent une main-d'œuvre importante, pourvue par la traite des Noirs. Contrôlée depuis Mombasa et Zanzibar, la traite négrière s'étendait à l'intérieur de l'Afrique jusqu'au Congo. Les négriers swahilis effectuaient parfois des raids, mais le plus souvent ils achetaient les esclaves aux tribus locales dominantes. Les Kamba du Kilimandjaro participèrent ainsi au commerce des esclaves.

Les missionnaires et explorateurs européens dénoncèrent violemment cette traite négrière, dont l'Europe était pourtant bénéficiaire en incitant les pouvoirs locaux à pratiquer le commerce de coton et de clous de girofle. Le consul britannique à Zanzibar prit la tête du mouvement anti-esclavagiste. Vers 1850, en échange de garanties concernant le maintien de sa domination sur la côte, le sultan d'Oman signe des traités limitant ce commerce, avant d'accepter, en 1873, d'abolir la traite, c'est-à-dire le commerce, mais non l'utilisation d'esclaves dans les plantations.

De 1873 à 1886, le consul britannique John Kirk encouragea le sultan à annexer à son empire la plaine agricole côtière. L'unification territoriale profita aux Britanniques, en lutte avec les Allemands pour le contrôle de l'Afrique orientale. Les zones d'influence respectives furent définies lors du fameux congrès de Berlin en 1885. Les Allemands obtinrent la côte du Tanganyika (une partie de l'actuelle Tanzanie), ainsi que le mont Kilimandjaro ; le Kenya revint aux Britanniques, ce qui leur permit d'imposer l'anglais comme langue officielle.

En 1952, les Mau-Mau, membres d'une société secrète kikuyu, se révoltèrent contre les autorités et les colons britanniques. La révolte des Mau-Mau (1952-1956) fut violemment réprimée. La répression frappa l'ensemble des Kikuyu sans distinction : 13 000 d'entre eux furent massacrés, 80 000 internés, et l'État d'urgence ne fut levé qu'en 1960. Le leader Jomo Kenyatta fut emprisonné pour complicité présumée avec les Mau-Mau.

Révolte des Mau-Mau en 1952, Kenya

En 1957, les petits planteurs africains sont autorisés à élire huit représentants au Conseil législatif de la colonie. Le mouvement indépendantiste, durant ce temps, se structure. En 1960, l'Union nationale africaine du Kenya (Kenya African National Union ou KANU) est fondée. Jomo Kenyatta en prend la direction après sa libération, l'année suivante. La KANU favorise la création d'un État centralisé. Les leaders Ronald Ngala et Daniel Arap Moi font rapidement scission, entraînant les ethnies minoritaires opposées à la domination des Kikuyu. Ils fondent l'Union démocratique africaine du Kenya (Kenya African Democratic Union ou KADU) qui vise à préserver les droits des minorités.
Le 12 décembre 1963, le Kenya obtient son indépendance et, pendant un an, devient un royaume du Commonwealth avec pour gouverneur général l’anglais Malcolm MacDonald et Jomo Kenyatta pour Premier ministre. Un an plus tard, le pays devient une république et Kenyatta son premier président.

Jomo Kenyatta (1891-1978)

En 2001, le Shimoni Slave Caves Management Committee (SSMC) est créé, avec l’assistance technique des Musées nationaux du Kenya, pour ouvrir les grottes d’esclaves et les tranformer en un projet communautaire mettant en valeur l’histoire et les souvenirs de la traite négrière et de l’esclavage.


Cave d'esclavesà Shimoni, Kenya


Colloque « La patrimonialisation de l’histoire et de la mémoire de l’esclavage,
du local au global », 21 et 22 mai 2015
Intervention de Patrick Abungu, directeur adjoint, chargé de la coordination des musées et
des activités de sites historiques dans l’ouest du Kenya, musées nationaux du Kenya
« Patrimoine et mémoire de l’esclavage : la transformation d’événements tragiques en opportunités de développement pour la communauté, au Shimoni Heritage Site (Kenya) »


La transformation d’événements tragiques en... par culture-gouv