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On t’appelle Vénus / Ballet de la Compagnie Difé Kako
Événements culturels

On t’appelle Vénus / Ballet de la Compagnie Difé Kako

Dates
16 mai 2017 > 20 mai 2018
Adresse
Cave Poésie - 71 Rue du Taur - 31000 Toulouse
Téléphone
05 61 23 62 00
Site Web

On t’appelle Vénus

Compagnie Difé Kako

 Sur une idée originale de Chantal Loïal

Dans ce solo franc et voluptueux, Chantal Loïal, chorégraphe guadeloupéenne, s’inspire de l’histoire de la Vénus hottentote pour interroger le regard de l’Occident sur le différent.

Dite la Vénus hottentote, Saartjie Baartman, est une femme de la région du Cap (Afrique du Sud) à la morphologie africaine amplement caricaturée et animalisée, qui fut convaincue de suivre un certain Dunlop, de 1810 à 1815, et vécut l’enfer des foires européennes, déhumanisée et exhibée sous le regard des hommes, comme une créature exotique et une bête de foire.

Asservie dès sa petite enfance avec ses trois frères et deux sœurs par des fermiers blancs émigrés en Afrique du Sud. Elle fut d'abord esclave sur l'exploitation où son maître la dote d'un prénom néerlandais, Saartjie, diminutif de Sarah. En 1807 avec ses trois sœurs elle fait  l'objet d'une transaction et est cédée à la ferme voisine du frère de leur maître, Hendrick (ou Hendryck) Caesar qui les asservit à son tour contre du tabac et de l'eau-de-vie. En 1810, un chirurgien militaire de la marine britannique, Alexander Dunlop découvre sa morphologie spectaculaire et différente du corps européen. Dunlop, alors à la veille de la retraite et d'une importante baisse de ses revenus, voit se profiler une affaire juteuse : fournir un échantillon de peuple colonisé pour les zoos humains d'Europe. Il embarque Saartjie pour l'Angleterre le 7 avril 1810, son « manager » lui faisant croire qu'elle y trouvera fortune et liberté en contrepartie de l'exhibition de son corps...

Moulage par le zoologue G. Cuvier du visage de Saartjie Baartman après sa mort en 1815

Le zoologue et anatomiste Georges Cuvier récupère furtivement son cadavre à sa mort et en fait éxécuter un moulage complet de plâtre. Estimant que Saartjie est la preuve de l'infériorité de certaines races, il entreprend de la disséquer au nom du progrès des connaissances humaines. À l'issue de la dissection, son cerveau, son anus et ses organes génitaux sont conservés dans des bocaux de formol. Cuvier procède enfin à l'extraction du squelette et le reconstitue entièrement, os par os. En 1817, il expose le résultat de son travail dans sa publication Observations sur le cadavre d'une femme connue à Paris sous le nom de Vénus Hottentote, qu'il présente devant l'Académie nationale de Médecine.

Ces moulages ont été exposés au Musée de l'Homme jusqu'en 1974 et les restes de Saatjie Baartman furent finalement restitués à l'Afrique du Sud en 2002. Après une cérémonie œcuménique, sa dépouille purifiée fut placée sur un lit d'herbes sèches auquel on mit le feu selon les rites funéraires de son peuple. Elle est inhumée sur la colline de Vergaderingskop près de son village natal, en présence du président sud-africain Thabo Mbeki.

On estime de nos jours que ce rapport témoigne des théories racistes et des préjugés de l'époque : «Aujourd'hui que l'on distingue les races par le squelette de la tête, et que l'on possède tant de corps d'anciens Égyptiens momifiés, il est aisé de s'assurer que quel qu'ait pu être leur teint, ils appartenaient à la même race d'hommes que nous ; qu'ils avaient le crâne et le cerveau aussi volumineux ; qu'en un mot ils ne faisaient pas exception à cette loi cruelle qui semble avoir condamné à une éternelle infériorité les races à crâne déprimé et comprimé »... Cuvier stigmatise S.Baartman comme une "dame sauvagesse" de qualité, parlant trois langues et bonne musicienne.

Mais pas question pour la chorégraphe Chantal Loïal de rejouer le drame, ni de culpabiliser l’auditoire. Ce que la danseuse, c’est mettre les pas de tous dans ceux de Saatjie, lui offrir une victoire sur l’histoire, continuer à mettre en échec un certain regard qui perdure encore aujourd’hui. Elle le fait à travers une danse mystérieuse et sensuelle. Celle d’un corps exposé, détaillé, découpé, qui va, pas à pas, s’affranchir avant de trouver sa plénitude.


© Patrick Berger


DISTRIBUTION

Interprète et chorégraphe : Chantal Loïal
Chorégraphie : Philippe Lafeuille
Textes : Marc Verhaverbeke
Collaboration artistique : Paco Dècina
Costumes : Agnès Dat, Nicole Crampon
Création lumière et technique : Stéphane Bottard

 

AGENDA À VENIR

- 23 mai 2017, Anis Gras à Arcueil

 

AGENDA PASSÉ 2017

Théâtre du Briançonnais à Briançon : 13 janvier 2017
Théâtre de l’Arlequin à Morsang-sur-Orge : 4 mars 2017
Commission de Vérité d’Action zoo humain à Malines (Belgique) : du 7 au jeudi 9 mars 2017
Festival Histoire d’Elles à Paris (Conservatoire du 13e) : 10 mars 2017

 

CONTACT

Compagnie Difé Kako
54 rue Vergniaud - Hall A
75013 PARIS
Tel : 01 70 69 22 38