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L'HOMME QUI VENAIT D'AILLEURS, de François Luciani, avec Alex Descas
Événements culturels

L'HOMME QUI VENAIT D'AILLEURS, de François Luciani, avec Alex Descas

Dates
03 déc. 2016 > 03 déc. 2017
Adresse
France Ô - 27 rue Oudinot - 75007 Paris

L'HOMME QUI VENAIT D'AILLEURS

de François Luciani

avec Alex Descas

 

À la fin du XIXe siècle, le docteur Pierre Adélaïde, médecin d'origine martiniquaise, arrive dans un petit village de Charente pour prendre la succession d'un confrère. « Noir comme le diable », le praticien est très vite confronté, plus qu'au racisme, à la peur de l'étranger, inconnu potentiellement dangereux. Son cabinet reste donc désespérément vide. Il se heurte notamment à l'hostilité du notable local, Casimir Caillebois, qui considère l'homme de couleur comme un être inférieur. Lorsqu'il sauve de la mort la fille du maire, Pierre Adélaïde parvient finalement à gagner en partie la confiance des villageois. Mais cela ne suffit pas pour convertir à la tolérance le cœur et l'esprit de tout un chacun.

 

Réalisateur
François Luciani

Acteurs
:
Alex Descas, Olivia Brunaux, Myriam Boyer,
Laure Marsac, Jérôme Anger, Maurice Chevit,
Éric Seigne, Barbara Schulz

Musique :
Jean-Marie Sénia
Dialogue :
Virginie Brac





Critique

Né en Martinique, le Dr Pierre Adélaïde débarque à la fin du XIXe siècle dans un village charentais où l'on n'a jamais vu de visage noir. Accueilli fraîchement, il ne se décourage pas et entreprend d'imposer sa médecine de pointe face aux méthodes poussiéreuses du rebouteux...
C'est une histoire en partie vraie que raconte ce beau téléfilm. Alex Descas incarne magnifiquement ce jeune médecin bourré de contradictions, silencieux sur ses origines et d'un abord assez peu sympathique. Auprès de Léa, l'institutrice, autre marginale, Pierre Adélaïde ne se décrit-il pas comme un « bourgeois vaniteux et antidreyfusard »? Tenace, le docteur gagne l'amitié du maire (Jérôme Anger, impeccable en notable obtus) et se fait admettre dans la bonne société. Jusqu'à ce que l'exhibition de "sauvages" lors d'une exposition coloniale l'oblige à réviser ses certitudes... Cette scène, la plus forte du film, fait tout basculer. Le regard suspicieux des Charentais comptera moins, désormais, que le prisme amer par lequel Pierre Adélaïde se met à considérer sa personne et son entourage.
Menée sans manichéisme, cette réflexion sur l'identité, l'étrangeté, les multiples formes de l'exclusion passionne d'autant plus que l'on peut en faire une lecture très actuelle. Même si plus d'un siècle nous sépare de Pierre Adélaïde, même si les « zoos humains » ont disparu, certains stéréotypes ont la vie dure, bien au-delà de la fiction.

Sophie Bourdais, Télérama

 

Diffusions

France Ô
samedi 03 décembre - 22h40
Guadeloupe 1ère
dimanche 11 décembre - 13h30