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Conférence « Joséphine de Beauharnais et l’esclavage » par Erick Noël

Lieu

DOMAINE DE LA PAGERIE  Musée de la Pagerie, Les Trois Îlets, Martinique
LES TROIS-ILETS
Musées, institutions culturelles
Événements scientifiques

Conférence « Joséphine de Beauharnais et l’esclavage » par Erick Noël

Dates
15 févr. 2017 > 15 févr. 2018
Adresse
Archives départementales de Loire-Atlantique - DOMAINE DE LA PAGERIE Musée de la Pagerie, Les Trois Îlets, Martinique - 6 rue de Bouillé - 44035 Nantes
Téléphone
02 51 72 93 20

Conférence

Joséphine de Beauharnais et l’Esclavage


Par Erick Noël

Professeur d’Histoire à l’Université des Antilles

 

Mercredi 15 février 2017, à 18h
Archives départementales de Loire-Atlantique, Nantes



Joséphine en costume de sacre, Baron François Gérard, 1807-1808

Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie, dite Joséphine de Beauharnais, née le 23 juin 1763 aux Trois-Îlets en Martinique et morte le 29 mai 1814 au château de Malmaison à Rueil-Malmaison, est la première épouse de l’empereur Napoléon Ier de 1796 à 1809. À ce titre, elle est impératrice des Français de 1804 à 1809 et reine d'Italie de 1805 à 1809.

Surnommée « La Belle Créole », Joséphine naît dans une riche propriété de planteurs à la Martinique. Elle est la fille aînée de Joseph-Gaspard Tascher de La Pagerie (1735-1790), chevalier, seigneur de La Pagerie, et de Rose Claire des Vergers de Sannois (1736-1807). Plus de cent cinquante esclaves africains travaillent sur les plantations de canne à sucre que sa famille possède. Joséphine, alors surnommée « Yéyette », passe ses journées avec sa nourrice, une esclave mulâtre, et joue avec des enfants esclaves.


Alexandre de Beauharnais, premier époux de Joséphine

Joséphine arrive en métropole grâce à son mariage avec Alexandre de Beauharnais, une figure de la Révolution française, qui sera exécuté sous la Terreur. Joséphine est elle-même emprisonnée plusieurs mois. Fréquentant les salons parisiens, elle fait la connaissance du général Bonaparte qu'elle épouse en secondes noces. Ce mariage fait d'elle une impératrice, mais elle se heurte à l'hostilité de sa belle-famille et à son incapacité à donner naissance à un héritier. Napoléon divorce d'elle, et elle se retire dans son domaine de Malmaison. Malgré ce mariage infructueux avec Napoléon, Joséphine est la mère des nombreux enfants qu'elle a eus de son premier époux. Elle reste aussi dans l'histoire pour son intérêt pour la mode et la botanique.


Le Sacre de Napoléon, Jacques-Louis David, 1807

Paul Barras, général de la Révolution, et ancien amant de Joséphine, écrit perfidement dans ses Mémoires que la jeune femme libre «aurait eu des rapports avec des nègres» et aurait donné naissance à une fille naturelle. Ces rumeurs servent à Alexandre de Beauharnais de motif à sa rupture avec son épouse Rose.

Caricature anglaise de 1806 représentant Mme Tallien et l'impératrice Joséphine
dansant nues devant Bonaparte et Barras, hiver 1797

 

Dans le Mémorial de Sainte-Hélène, mémoires de Napoléon écrit par Emmanuel de Las Cases, l'ancien empereur prétend avoir rétabli l’esclavage sous la pression des colons esclavagistes et l'influence de sa première épouse, Joséphine, qui l’aurait convaincu de revenir au régime discriminatoire du Code Noir. Or, dans les faits, pour Napoléon, les femmes n'ont guère voix au chapitre et "n'ont pas à se mêler de politique" dit-il. Ce sont donc des intérêts strictement économiques et les lobbies planteurs qui dictent ce rétablissement de l'esclavage à leur profit.


Erick Noël
, professeur des Universités, enseigne à l'Université des Antilles et de la Guyane où il est responsable du master d'Histoire. Agrégé et auteur d'une thèse de doctorat soutenue à l'EPHE/Paris IV, Les Beauharnais, une fortune antillaise (Droz, 2003), ses travaux ont évolué de l'étude des planteurs et des négriers, qu'il a analysés pendant dix ans passés comme maître de conférences à l'Université de Nantes, à celle des Noirs amenés dans la continuité de la traite jusqu'en France métropolitaine. C'est ainsi que de sa thèse d'habilitation, Être Noir en France au XVIIIe siècle (Tallandier, 2006), naît le projet d'un Dictionnaire des gens de couleur dans la France moderne : ce chantier, associant plus de vingt enseignants-chercheurs et étudiants en master, a donné lieu à la publication d'un premier volume, Paris et son bassin (Droz, 2011), d'un second, La Bretagne (2013) et d'un troisième et dernier qui couvre le midi de la France (2015).



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