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10e anniversaire de l’Institut du Tout-Monde / Édouard Glissant

Lieu

Cap 110 - Mémorial de l'Anse Caffard, Martinique
LE DIAMANT
Monuments et lieux commémoratifs
Événements culturels

10e anniversaire de l’Institut du Tout-Monde / Édouard Glissant

Dates
03 mai 2016 > 03 mai 2017
Adresse
Institut du Tout-Monde - Cap 110 - Mémorial de l'Anse Caffard, Martinique - Cité internationale des Arts, 18, rue de l’Hôtel de Ville - 75004 Paris
Téléphone
01 42 78 71 72

10e anniversaire de l’Institut du Tout-Monde/ ITM

« Le Mai de l’ITM »
du 3 au 21 mai 2016

 

En 2006, Édouard Glissant fonde l'Institut du Tout-Monde et concrétise la pensée de la Relation qu'il développe dans son œuvre, créant un lieu de rencontre des imaginaires et des pensées du monde : "Nous avons rendez-vous où les océans se rencontrent" (É. Glissant).
En dix ans, l'ITM a fait en sorte de poursuivre ce pari des rhizomes (ramifications) porteurs des créolisations, des échanges et des tremblements de la mondialité.
L’objectif poursuivi par Édouard Glissant en 2006 consistait à fonder un vaste réseau culturel à la fois francilien, interrégional, international, et en très étroite connexion avec les régions d'Outre-mer.

"On nous dit, et voilà vérité, que c'est partout déréglé, déboussolé, décati, tout en folie, le sang le vent.
Nous le voyons et le vivons.
Mais c'est le monde entier qui vous parle, par tant de voix bâillonnées.
Où que vous tourniez, c'est désolation. Mais vous tournez pourtant."

Traité du Tout-Monde (1997)



PROGRAMME
 
  • Du 3 au 21 mai 2016 (Cité internationale des Arts de Paris) : Exposition « Le Musée du Tout-Monde & Agora Mundo », par des artistes d’Amérique latine et de la Caraïbe.
  • Mardi 3 mai 2016, à 19h (Maison de l’Amérique latine) : Séminaire de l’ITM – « Qu’est-ce qu’une vie d’esclave ? », avec Myriam Cottias (historienne, directrice de recherche au CNRS, présidente du CNMHE) et Françoise Simasotchi-Bronès (maître de conférence à l’Université Paris VIII, spécialiste des littératures francophones)
  • Samedi 7 mai 2016, à 18h (Cité internationale des Arts) : Conférence de Denetem Touambona, autour de son livre Fugitif, où cours-tu ?
  • Lundi 9 mai 2016, à 19h (Maison de l’Amérique latine) : Christiane Taubira, Murmures à la jeunesse.
  • Mardi 10 mai 2016, de 14h à 19h (Cité internationale des Arts) : Journée des Mémoires / Les 10 ans de l’ITM, avec Doudou Diène (rapporteur spécial de l’ONU, initiateur de programme « La Route de l’Esclave » de l’UNESCO) et Louis Sala-Molins (Historien, philosophe, spécialiste du Code noir). Vernissage de l’exposition.
  • Mardi 10 mai 2016, à 20h (Maison de la Poésie) : Les Indes – Édouard Glissant, texte dit par Sophie Bourel (comédienne), accompagnée de Karim Touré (compositeur et percussionniste).

  • Mercredi 11 mai 2016, de 9h30 à 18h (Université Paris VII) : « Une journée avec Stuart Hall », Journée d’étude du groupe de recherche « Mondes Caraïbes et Transatlantiques en Mouvement », en partenariat avec l’ITM et la FMSH.
  • Mercredi 11 mai 2016, à 21h (Maison de l’Amérique latine) : Séminaire de l’ITM – Philippe Forest, « Vies d’Aragon ».
  • Jeudi 12 mai 2016, de 14h à 20h (Cité internationale des Arts) :
- Cycle « Penser la Caraïbe, penser le monde » : conférences de Christine Chivallon, « Les expressions mémorielles de l’esclavage à la Martinique – Période contemporaine », et d’Yves Chemla, « Littérature haïtienne, 1980-2015 : rupture et effervescence ».
- Cycle « Diversité des expériences et causes communes » : conférence d’Edwy Plenel, « Dire non. Dire nous ».

  • Jeudi 19 mai 2016, à 18h (Cité internationale des Arts) : Cycle «Diversité des expériences et causes communes», conférence de Balveer Arora, « La démocratie indienne au risque du nationalisme ».
  • Samedi 21 mai 2016 (Cité internationale des Arts) : Journée Édouard Glissant / Les 10 ans de l’ITM

Édouard Glissant
Édouard Glissant naît en Martinique le 21 septembre 1928 à Bezaudin, morne qui fait partie de la commune de Sainte-Marie, dans le Nord de l’île. Son père est géreur d’Habitation. Glissant commence sa scolarité à l’école élémentaire au Lamentin, où il reçoit une éducation stricte et dans laquelle l’apprentissage du créole est proscrit. Élève brillant, il intègre le lycée Schoelcher de Fort-de-France en 1938. C’est à cette période qu’il se familiarise avec la pensée de la Négritude, Aimé Césaire venant d’être nommé professeur de philosophie dans le lycée en 1940, et commence à écrire.

En 1946, il rencontre le poète haïtien René Depestre, avec qui il parle des soubresauts récents que connaît Haïti, à la recherche passionnée de sa liberté et de son héritage de première nation noire. Penser en caribéen, en somme, à partir d’une épaisseur anthropologique et d’une singularité historique, s’avère pour le jeune Glissant le credo de sa réflexion, avant de devenir le lieu et la formule d’une poétique.

Cette même année, il quitte la Martinique pour continuer ses études supérieures à Paris, à la Sorbonne. Il obtiendra une licence de philosophie et un diplôme d’études supérieures en ethnologie sous la direction de Jean Whahl : « Découverte et conception du monde dans la poésie contemporaine ». Pendant ces années-là, il fréquente les salons littéraires. Il rencontre et se lie d’amitié avec Frantz Fanon, Jean Paris, Jacques Charpier, Henri Pichette, Yves Bonnefoy, Maurice Roche, Kateb Yacine, Jean Laude, Roger Giroux, entre autres. Son activité intellectuelle ne se restreint pas seulement au champ littéraire, mais se déploie aux champs culturel et politique. Il collabore notamment régulièrement à la revue Présence africaine et rejoint le comité exécutif de la Société africaine de culture.

En 1958, il reçoit le Prix Renaudot pour son premier roman La Lézarde, qui le fait connaître du grand public.

En septembre 1956, il participe au premier Congrès international des Écrivains et Artistes noirs à la Sorbonne. Lors du deuxième Congrès, à Rome en mars 1959, Glissant rencontre Albert Béville, administrateur au Ministère des colonies, guadeloupéen d’origine, connu sous le nom de Paul Niger en littérature. Les deux hommes sympathisent et se reconnaissent une commune approche des questions de décolonisation. En 1961, ils fondent avec Cosnay Marie-Joseph et l’avocat Marcel Manville, le Front antillo-guyanais (Front des Antillais et Guyanais pour l’autonomie), qui milite clairement pour la décolonisation des Antilles et de la Guyane françaises.

Il rentre en Martinique en 1965 et s’y installe. En 1967, il crée l’Institut martiniquais d’études (IME), institution privée d’éducation qui vise à restituer aux jeunes antillais un enseignement en accord avec la réalité de leur Histoire et de leur géographie, contre toute acculturation. En 1981, il devient directeur du Courrier de l’Unesco. En 1988, il accepte un poste de Distinguished Professor à l’Université de Louisiane (LSU, Lousiana State University, à Baton Rouge). Et en 1993, il devient Président honoraire du Parlement international des Écrivains.

En 2006, le Président de la République Jacques Chirac lui confie une mission d'élaboration d'un centre national dédié à la Traite et à l'esclavage, mais la concrétisation de ce centre, à laquelle Glissant est particulièrement attaché, ne se réalisera pas. Il publie d'ailleurs en 2007, Mémoires des esclavages, qui met en lumière une fois encore l'importance de cette entreprise mémorielle collective autour de la Traite. La même année, il crée l’Institut du Tout-monde. Il s'agit de concrétiser les idéaux de rencontre et de co-présence mis en valeur par l'écrivain avec une vigueur singulière depuis les années quatre-vingt dix à travers les notions de Relation et de Tout-monde.

Édouard Glissant décède le 3 février 2011 à Paris, à l'âge de 82 ans. Il est inhumé le 9 février au cimetière du Diamant en Martinique, non loin de ce mémorial des esclaves qu'il affectionnait tant et qui porte en lui le souffle et la mémoire, le cri et la trace.

 
Pour une biographie complète, consulter le site : www.edouardglissant.fr/

Édouard Glissant au Cap 110, Mémorial de l'Anse Caffard, Le Diamant, Martinique

Cité internationale des Arts
18, rue de l’Hôtel de Ville 75004 Paris
M° Ligne 7 : Pont-Marie / Ligne 1 : Saint-Paul

Maison de l’Amérique latine
217, Bld. Saint-Germain, 75007 Paris
M° Solférino

Université Paris-Diderot, Paris VII
5 rue Thomas Mann, 75013 Paris
M° Bibliothèque François Mitterrand

Maison de la Poésie
Passage Molière – 157, rue Saint-Martin, 75004 Paris
M° Rambuteau

Réservations indispensables pour le spectacle du 10 mai
01 44 54 53 00
www.maisondelapoesieparis.com
accueil@maisondelapoesieparis.com

Institut du Tout-Monde